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HISTOIRE D'OUZIOINI
par Assaf Mohamed Said Mkandzilé
Naissance d'une ville
On dit qu’un jour, c’est tenue une assemblée à la Ville de
Istandra, où les sages désignèrent deux personnes en qui ils
donnèrent comme mission de partir créer chacun deux villages.
Pour accomplir leur mission, on leur confièrent deux coqs
chacun. Là où les coqs chanteraient, là serait créé un village.
Dans leur quête guidée par l’éventuel chant du Coq,
les Deux hommes partir le cœur serré et attentif à ce qui
les attendait.
Ainsi, l’un des Coqs chanta dans la région où se trouve
actuellement la ville de Itsandra et l’autre dans celle ou se
trouve Notre « Ouzioini, .la bien aimée ».
Pourquoi le nom « Ouzioini » ?
Nous
avons tous une origine, et pourquoi pas notre village ?
Le premier habitant de la ville d’Ouzioini, ne savait pas où il
allait se sédentariser et vivait la plupart de son temps sur une
montagne (Do pvo Chongodjou) qui se trouve comme vous le savez
(enfin ceux qui connaissent les environs de Ouzioini) au dessus
de la Ville. Lors d’une forte
canicule, cet homme vit un plan d’eau au bas de la
montagne en lieu et place du Mrwastambou actuel.. Ainsi il
baptisa cet endroit, Dziwa la Madji, qui signifie, « le lac en
comorien). Il se dit : « nari sihé pvo dziwani la madji ra ketsy
pvala Ba ngapvo madji » ce qui signifie : Et si on allait vivre
là où il y a de l’eau ? D’où le mot Dziwani qui avec le
temps est devenu
Ouzioini.
Ouzioini, une ville pilote
Dès le départ, la ville d’Ouzioini, s’est montré très active
dans le développement du pays, notamment de notre région :
Badjini. L’arrivée des Français, a mis en avant les
intellectuels de la ville, de part le besoin des Français
d’avoir des interprètes, seul moyens de se faire comprendre et
d’échanger avec les autochtones (Comoriens). Ainsi Mr ADJIDA
IDJABOU s’est vu
promulgué correspondant et d’interprète d’entre les Colons
(Français) et les Comoriens.
Les Français d’alors, demandèrent aux Comoriens d’exprimer leurs besoins
afin qu’un vrai
projet de développement puisse être mis en place.
C’est alors que fut appelé à la rescousse, le
plus sage des sages de la ville d’Ouzioini de cette époque,
Mr ABDALLAH SWAMWANDZE.
Ce
dernier composa un conseil de réflexion constitué de :
Mr Abdillah Mwana et Mr Abjida Idjabu
afin de déterminer Ces Besoins et voici ce qu’il en est
ressorti :
La
population Comorienne a besoin de :
- Une route pour faciliter la
circulation et les déplacements
-
Un Hôpital pour répondre aux besoins médicaux des habitants
-
Une école pour assurer l’éducation de la population et faciliter
ainsi les échanges entre le peuple Français et les Comoriens
-
Un port maritime pour le ravitaillement des besoins éventuels.
La
première grande mosquée (mosquée du vendredi) et la route
reliant les Villes
de Dembéni et de Ouzioini furent leurs premières grosses œuvres.
Ainsi, c’est sur
ces bases que furent construites et développées les Comores.
D’ailleurs, Mr ABDALLAH SWAMWADZE nous fait réfléchir sur
les proverbes suivants :
Mdwangoma hu ko Ngomani, qui veut
dire : « Pour changer un société, il faut y vivre »
Djawab Mwana wa nrongowo qui veut dire : « Il ne peut y avoir de
réponse sans question ».
D'hier à aujourd'hui
Dans le
monde Musulman, les Comores sont réputées pour être la société
musulmane la plus matrimoniale.
En effet on connaît
tous la place prépondérante qu’a la femme comorienne dans son
foyer. Et bien il en a toujours été ainsi et même plus que çà
car Elle occupait aussi Une Place importante dans le
développement et l’éducation de ses semblables.
Ainsi, Madame
ABDALLAH SWAMWANDZE, prénommée Coco Urango (femme de Mr Abdallah
SWAMWADZ2°, première enseignante attitrée des femmes à l’école
Coranique. Elle ne se contentait uniquement d’enseigner le
Coran. Elle avait plusieurs cordes à son arc puisqu’elle était
aussi Tisserant (le métier du tissage) et transmettait son
savoir faire aux autres femmes. Celles-ci confectionnaient des
IREWU, ULIYO (décors Comoriens), DAWO (Tapis traditionnels)
ainsi que des Irunba (Panier en osier).
S’en est suivit d’autres femmes qui ont continué à transmettre à
nos mères ces méthodes ancestrales qui font aujourd’hui partie
de notre patrimoine intellectuelle, historique et
culturelle.
Aujourd'hui
Education :
L’école Française est née
à la demande de quelques notables de la Ville d’Ouzioini,
(Mr Alhadj M.Mchangama et son équipe) qui
en firent la demande auprès de Mr BOMER, représentant de
la France à Ngazidja.
De cette époque a vu la construction de la Grande
Mosquée du vendredi
sur la Place du Bangwéni qui est encore aujourd’hui,
un pilier de notre patrimoine architectural.
S’en suit
la Grande mosquée du Vendredi actuelle, construite dans
les années 1980, à l’initiative, là encore, des notables de
notre villes tels que : El Hadj Ali Mchangama, El Hadj Mugna
Soulé, El Hadj Ali Zahahé…pour ne citer qu’eux.
Ces notables ne se
sont pas contentés de faire que çà. Ils ont aussi fait le tracé
des chemins et routes actuelles de la ville d’Ouzioini.
« Que Allah Bénisse
ces Grands Hommes qui ont fait de Ouzioini, ce qu’elle est
aujourd’hui. Paix à leurs âmes ».
Infrastructures de
la Ville d’Ouzioini :
Politiquement, les
Politiciens originaires d’Ouzioini, ont laissés des traces
remarquables dans le paysage architectural de la Ville. Aussi
rendons à César ce qui appartient à César.
1.
Le marché
Mr AHMED Haliba
est à l’origine de la construction de du marché de la Ville d’Ouzioini
alors député de la région de Badjini Ouest.
2.
La maternité
Cet
édifice, nous le devons au député Mr ABDOUSSALAM MOHAMED
MCHANGAMA, député de la région Badjini Ouest.
3.
Le Collège Rural
Le
Président Ali Soilihi Mtsachioi, tombé sous les balles
des armes des mercenaires, est le précurseur de cette
initiative. On sait que les Grands Hommes de durent pas dans
leurs fonctions …
4.
Hôpital
Grâce aux
relations entretenues entre l’organisation humanitaire (Terre
des Enfants), et de Mr IBRAHIM HISSANE Mfoihayé, alors
universitaire, la
ville d’Ouzioini s’est vue dotée d’un Hôpital. Ce dernier était
jusqu’au mois de février 2006, le seul Hôpital de la région de
Badjini.
Mr IBRAHIM HISSANE devint par la suite, un politicien de renom,
notamment grâce à ses nombreux mandats ministériels (Ministre de
l’Education Nationale, du Tourisme et de l’environnement) avec
comme président de la république, Mr Saïd Mohamed Djohar.
Durant son mandat, il
a mis à profit ses fonctions, pour faire construire le
Bâtiment dit « école technique » et d’une école primaire Dîma,
village voisin de Ouzioini.
A noter
De ces
écoles, est sortie la première femme Intellectuelle d’Ouzioini,
du nom de Madame Amina Saïd Athoumani, première Bachelière.
5.
Le Bâtiment dit « Bibliothèque » fut construit à
l’initiative de Mr Saïd Mohamed MKANDZILE
Actuellement cet édifice sert de siège de centre culturel
et de loisirs).
Durant la même
période, a vu la construction de la route du Paré Ndarou (trois
routes) (Ifoudihé chaboini), cadeau du Défunt Président Ahmed
Abdallah lors de l’inauguration de l’Hôpital de d’Ouzioini.
6.
La dernière personne, Haut fonctionnaire et originaire de
la Bien aimée « Ouzioini » est l’ancien Directeur Général des
Impôts, Mr Mohamed Djouneïd, grâce à qui, de nombreux jeunes
Ouzioiniens ont pu trouver un emploi. Il est aussi le mécène de
la Radio Sud Ouest qui émet depuis Ouzioini. Cette radio est
animée par les jeunes de cette même ville.
Politiquement
parlant, les femmes d’Ouzioini ne sont pas en reste. Ainsi,
Madame Sitty Soilihi fut candidate aux élections
législatives de 1993 et fondatrice de l’association fémimine « Ngazi ».
Certaines d’entre Elles, Madame Riama Mrénda (Maman Mwangaza),
Maman Souroi (femme du Chef de la Ville), Madame Sanadati Mbayé
et Madame Oumiati Mohamed Mchangama, mènent une vie active au
sein de la Ville d’Ouzioini.
Commodités,
énergie !
La
ville d’Ouzioini s’est vue dotée d’un groupe électrogène,
permettant aux ouzioiniens d’accéder à l’énergie
électrique en 1983, projet mené de bout en bout par les Waa
Magwé avec à leur tête, El Hadj
Abdallah Saïd Mkandzilé, el Hadj Aliane Mohamed Mchangam
et d’autres encore…
SOURCES :
D’après Les
Informations recueillies par Mr MKANDZILE Mohamed Assaf auprès
de notables de la ville tels que : Mr IBRAHIM MCHANGAMA (Papa
Saïfdine), Mr AHMED MZE (Papa Daane), et de Mr ALI ZAHAHE (Papa
Nadhira).
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