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LE
SECESSIONNISME |
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Quelques semaines
avant que l’Association des Comoriens Étudiants au Maroc célèbre
la 6ème édition de la Journée Culturelle Comorienne
sous le thème « le patriotisme » le 21-22-23 Mars 2008, nous
proposons notre analyse sur le sécessionnisme conséquences néfastes
de l’insuffisance patriotique.
Le sécessionnsme se présente aujourd’hui comme un phénomène social composé et complexe. Il tire ses causes de facteurs divers : politique, historique, économique… et forme ainsi une problématique sociétale où il est impossible de dissocier une composante d’une autre. Ce qui veut dire que la théorie du déterminisme ne nous laisse pas le choix de définir cette phénomène sauf dans le cas où cette dissociation viserait une étude approfondie et une analyse scientifique.
Certes, les Comores
ont subit des crises très variantes depuis leurs accessions à
l’indépendance orchestré par les mercenariats,
aujourd’hui, nous assistons à un phénomène nouveau qui
empoisonne, divise, affame et perverti le peuple : le
sécessionnisme.
Ce qui est plus grave, plus flagrant et plus complexe, c’est que le sécessionnisme fait tache d’huile dans l’ensemble du territoire pour une large autonomie ou une indépendance sans aucune organisation ni perspective défini. Cet acte de sécessionnisme est constitué d’un égoïsme, d’un rêve de leadership, d’une situation guidé par les apparences trompeuses et par le langage de l’enrichissement incontrôlé. Et si ce n’était que les îles plaidant être affamées par le pouvoir central de Moroni qui étaient affectés par ce phénomène de sécession ! Mais la Grande île y recoure.
Des questions se
soulèvent afin de chercher à savoir pourquoi les visions et
les pensées se s’unifient-elles pour encourager cette étrange
« maladie », et comment les Comores ont-ils connu ce phénomène
?
Jusqu’aux années
90, le terme sécession n’existait pas dans le discours
communicatif quotidienne du citoyen Comorien ni même des
politiques. Même si en 1975 sous le régime révolutionnaire
d’Ali Soilihi, deux mineurs événements de sécession ont
tenté d’y apparaître mais qui n’ont pas pu s’amplifié
puisque le pouvoir central à l’époque se basait sur « la
raison d’Etat » pour contrôler le territoire. Il s’agit de
la proclamation de l’Etat dans l’Etat sur la ville de Mbeni,
capital du Hamahamet, par Feu Mohamed TAKI Abdoulkarim et celui
de Feu Ahmed Abdallah Abderemane à Anjouan.
Comment donc
aujourd’hui, le sécessionnisme s’est-il muté en un fait
national qui préoccupe l’esprit politique national voire
international ? C’est un cas gênant qui occupe une place prépondérante
dans l’agenda des pourparlers des organismes internationaux.
Quelles sont les circonstances qui ont donné naissance à ce phénomène ? Est-ce l’échec de l’Etat central d’assurer une répartition équitable des richesses nationales sur les îles qui composent les Comores ? Est-ce la multiplication des partis politiques Comoriens sans aucune représentativité nationale ? Ou alors ce sont les retombés d’une insuffisance de communication patriotique ?
Ces questions comme
tant bien d’autres demandent à analyser ce phénomène qui
continue à prendre des tournures, de l’ampleur et qui lance
un défi à l’Union des Comores et à la société
internationale en son entière.
* * *
Dès lors que les
Comores ont adopté la constitution de 1978 révisé en 1982, le
pouvoir politique et administratif est centralisé à Moroni.
En conséquence, les autres îles se sont vidées de leurs populations vers Moroni pour gonfler le nombre de commerçant, de salarié, de fonctionnaire, et de chômeur. Et l’absence d’une politique de développement durable et de gouvernance en vue de créer des projets économiques dans l’ensemble du territoire capables de résorber toutes les réserves de main d’œuvre incite la haine de certain envers d’autre.
Et comment un sécessionnisme
pourrait-il disparaître dans la terre de la marginalisation, de
l’exclusion et de l’inégalité sociale ?
Comment voulez-vous que les Anjouanais ou les Mohéliens n’envahissent pas la Grande Comore, en particulier Moroni, alors qu’il n’y a plus une politique de rapprochement, de proximité économique, ni administratif entre les îles qui composent les Comores. Ce n’est pas de leur faute.
Que les pouvoirs
politiques assument les responsabilités de cet exode puisque
les politiques adoptées affaiblissent le mode de vie de la
majorité des citoyens.
Ces îles dont les droits étaient bafoués se sont appauvrit de plus en plus. Pire encore, on y trouve que la chose publique n’est pas disponible à tout les citoyens mais privilégiée à certain famille originaire de telle île. Dans cette situation lamentable et dégoûtante, l’individualisme fait valoir l’intérêt personnel qui guide à la fois les pensées et la conduite de certain à créer des groupes de pression pour se faire connaître afin de se voir parmi les privilégiés. Par là est née la multiplication des partis politique.
* * *
Ainsi ces derniers
ne sont qu’une face cachée des solutions individualistes
surtout qu’aux Comores, les diplômes ne suffisent plus de
constitué un rempart contre le chômage et ne peuvent plus défendre
ni assurer les membres de la collectivité contre la désespérance.
La création d’un
parti politique est pour la jeunesse Comorienne
d’aujourd’hui la baguette magique de survie dans la dignité.
Les conséquences qu’engendrent ces partis politiques Comoriennes sont nombreuses mais nous ne pouvons qu’en citer le plus flagrant. A ce propos, il est écœurant de voir que certain parti politique n’ont aucune assise dans les autres îles. C'est-à-dire qu’on y trouve des partis politiques dirigés seulement par des Grands Comoriens, ou des Anjouanais ou des Mohéliens. Pire encore, au sein de ces partis peut ne pas avoir aucun adhérent, ni sympathisant, ni partisan provenant des autres îles ; en bref, aucune représentativité nationale n’est présente. Les leaders de ces partis s’en moquent, puisqu’aux Comores lors des élections, on ne vote plus pour un programme ni pour parti mais pour une personne. Trouvant sa force dans une partie du territoire (une île surtout), il est très facile qu’une de ces partis politiques constitués par un leadership consentit, de s’aventurer à un sécessionnisme.
Dans les tractations
relatives à l’égalité de développement, certain leader
politique Comorien manigance la population d’une île à
exiger l’égalité de chance d’améliorer les conditions
d’existence. Ces agitateurs (ces leaders) trompent leur
population en leur donnant l’illusion qu’il est possible
pour toutes les îles de vivre décemment si l’on se détache
des autres.
Et pourtant,
c’est à défaut de trouver des postes intéressantes à l’échelle
du pouvoir central que ces leaders se replient sur eux même en
instrumentalisant cette population locale qui, par
l’insuffisance de communication patriotique dans les écoles
du pays, est devenue plus naïve que Pangloss dans l’œuvre de
Voltaire (Candide).
Les écoles, comme
les autres moyens éducatifs, sont les instruments les plus
efficaces d’initiés l’âme à une satisfaction patriotique.
Elles sont les plus influents sur toute la population puisque
dans la plupart d’entre elle y fréquente.
Les écoles, selon les politologues, ont aujourd’hui dépassés le rôle de formation pour faire des enseignant ou des juristes …etc. Elles sont plutôt des instruments d’incitation, de conviction, de propagande à l’amour de la patrie. Certes que la société est composée de tranche sociale des différents âges ; les écoles en tant que moyens de communication devraient profiter des enfants de 3 à 5 ans (écoles coraniques, maternelles), de 5 à 10 ans (écoles primaires), de 11 à 15 ans (collèges), 15 à 18 ans (lycées), de +18 ans (à l’université des Comores) pour instaurer l’amour de la patrie dans leurs âmes. Le problème du sécessionnisme est un phénomène qui touche l’essence de la société qui souffre quotidiennement d’une insuffisance d’initiation fraternelle de la population qui compose l’Union des Comores. Le comorien, qu’il soit illettré ou instruit ignore ses origines et ses liens avec ses frères des autres îles. A qui la faute !?
Le devoir du système
éducatif aujourd’hui est donc de se tourner vers les problèmes
et les dangers de ce phénomène de sécessionnisme qui menace
la crédibilité de l’unité des Comores.
Mais, malheureusement, c’est l’inverse qui se produit car les programmes scolaires Comoriens préfèrent enseigner l’histoire des occidentaux, des grecs et des égyptiens et masquer la notre. Ce qui fait qu’un Anjouanais, Grand Comorien, ou Mohélien, se sente plus proche de « Christophe » que de « Mchangama » de l’autre îles. A qui la faute !? Et que faire alors ? Adoptons une politique tendant à rapprocher l’administration des administrés pour limiter les conséquences de l’exode. Réformons la loi relative à l’organisation des partis politiques en exigeant qu’il ait une représentativité nationale. Exigeons une réforme de notre système scolaire afin que l’histoire des Comores soit un programme continu dans le cursus scolaire, de l’école coranique à l’université. |