DOSSIER n° 38 : 

AUTREFOIS...
 
par Modjal (papa Azhar) , janvier 2008
 

Autrefois, les gens de tous les horizons m’aimaient et me côtoyaient comme si le monde ne pourrait exister sans moi.  J’étais presque rien, car je n’étais pas riche et mes ancêtres ne l’étaient pas non plus.  On ne me comptait pas parmi ceux qui s’habillaient de baux vêtements seulement, j’étais propre.  Partout dans le monde, les gens parlaient de mon éducation, de mon intégration et de mon savoir vire.  Ceux qui me connaissaient, aimaient dire de bien de moi pour me compenser, de la sagesse et la serviabilité que je lui devais lorsqu’il s’approchait de moi.  Il n’existait pas la danse que je n’ai pas assistée avec honneur alors que des vrais danseurs qui n’avaient pas de la place m’observaient comme si j’étais le maître de la cérémonie.  Ce qui est étonnant dans cette histoire, je n’ai jamais voyagé alors que des étrangers de toutes les couleurs et de hautes personnalités n’ont jamais cessé de venir me voir, les uns m’offraient gracieusement des cadeaux, et d’autres témoignaient leur amitié envers moi.

Miracle, miracle, maintenant que j’ai appris à lire et à écrire, maintenant que je suis capable de parler tous les langages et suis compétent à démontrer toutes les formules, le monde s’éloigne de moi.  Les uns me disent que je suis devenu arrogant, vanité et orgueilleux. Mes voisins se plaignent de s’être persécutés, par mes paroles incontrôlées.  Soit par jalousie, soit par mauvaise intention, les gens se moquent de moi et vont jusqu’à m’empêcher de participer à aucune cérémonie qu’elle soit religieuse, politique ou bien intellectuelle.
Enfin dois-je remettre en question mon comportement ? Dois-je me laisser faire ? Dois-je remettre en cause ma manière de vivre avec les autres ?

Je m’appelle Ouzioini Djamabibo oulaya dja farantsani.


par Modjal (papa Azhar)