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  TRADITION ET CONTRADICTION
(
par M’nemoi Ahamed Doudou )

 

Il fut un moment où l’être, citoyen entaché à son histoire traditionnelle adhère automatiquement à ses mœurs et coutumes. Originellement par la parole ou suivre des exemples de ses prédécesseurs.

Est-ce vraiment une adhésion volontaire ? Ou des legs ?

Le comorien est né indirectement avec cette légation.

·        Celle qui transcende de génération en génération ;

·        Celle qui  établit nos rapports dans l’ensemble de la société traditionnelle ;

·        Celle qui classifie les degrés de toute personnalité envers autrui ;

·        Celle qui légifère nos différends, qui habituellement dépassent la limite de la compétence dans la société moderne.

·        Celle qui rapproche les uns des autres par une identité unique et symbolique (le costume traditionnel connu sous le nom de : Djoho issu de son Mharouma).

Bref, comme dans chaque société traditionnelle, les enjeux sont quasiment incomparables par rapport à d’autres.

La préhistoire comorienne a laissé en héritage à ses concitoyens une tradition sous la terminologie clairement citée « ANDA. Un ANDA » qui suit le courant de ses étapes mais qui excède  selon les personnalités en faveur des moyens qu’elles disposent au sein même de leur village respectif, d’une région à l’autre.

Par comparaison, le ANDA de deux villages voisins que ça soit à intervalle de un kilomêtre, ne se ressemble absolument pas du tout. Ce qui explique l’autonomie de gestion traditionnelle par rapport à son modèle d’acquisition ancestrale.

Une pratique coutumière ancrée facilement dans nos mœurs. Elle a hanté longtemps les esprits de toutes les générations traditionnellement comoriennes depuis des dizaines de siècle.

Ses devises sont : honneur, solidarité, respect, vantardise, égoïsme latent, festivité, et d’emblée la ressemblance.

Le ANDA proprement dit, est une philosophie avant tout.

Encore plus, il rassemble toutes les classes sociales par le biais de ses festivités et garde ses ultimes particules dans chaque village. Il est loin d’être une étude car il se rapproche beaucoup plus à un dogme. Un dogme qui n’a laissé d’aucune institution écrite. Un dogme qui valorise ses principales acquisitions d’où l’admiration grandiose qui interpelle, est la seule loi d’interprétation.  

Personne n’a appris à l’aimer surtout pas le détester.

Ceux qui le pratiquent consciencieusement, s’invitent dans l’inscription du citoyen modeste à la notabilité traditionnellement respectable. Jusque là chacun est maître de son choix d’appartenance.  Par ailleurs, il n’a jamais transformé des êtres en sous hommes.

Cela étant dit : Qu’il accueillit au passage toute adhésion sans pour autant démasquer ou étiqueter, ni pointer de doigt, celui qui l’a effectué selon ses moyens dérisoirs.

 Il a la clairvoyance d’anticiper en faveur quelques échelons dans les milieux socio-traditionnels. A priori et humainement parlant, accentués par les acquis du droit universel les hommes naissent égaux.

Paradoxalement, ils cherchent par eux-mêmes à se désavouer de cette analogie au profit d’une diversité pluricultuelle. Il y a ceux qui adoptent facilement les lois de la noblesse ( tout ce qui a caractère à la tradition….) Et ceux qui subissent involontairement ce concept, malencontreusement et par soucis de non aligné.

En revanche, cette tradition s’impose littéralement par ses principes fondamentaux qui parfois désaltèrent les rapports de la civilisation contemporaine. A quelques exemples je dirais :

·        Quand elle réprime l’union de deux personnes de sexe opposé simplement parce qu’elles ne viennent pas du même village, elle imprime une parfaite harmonie sans équivoque par son accomplissement. Pour aller au bout de ma conception philosophique, le ANDA est une pratique qui relate manifestement le chauvinisme et par choix d’opportunité.

·        Quand elle se désavoue d’une femme ayant préconçu un enfant avant le mariage, elle préserve l’identité d’une coutume qui se veut respectable par excellence, d’où l’arrivée des enfants bâtards constitue un délit inqualifiable.

·        Quand elle inflige des sanctions assez coûteuses du genre donner un bœuf au manquement du respect envers les grands, elle traduit la justice des ‘mabangueux’. (La place publique pour les grandes décisions). J’en passe et j’en passe pour les exemples. Aucune de ces sanctions n’est subsidiaire.

Cette tradition a bel et bien ses choix. Elle a vécu dignement avec ses adeptes. Ses lacunes viennent du fait que la succession de ses représentants légaux ce qu’on appelle les nouveaux et jeunes notables, ne disposant pas la même filature charismatique, que ceux il y a 20 ans, et malgré tout par soucis de voracité, ont laissé drainer une anarchie totale qui leur a discrédité partiellement de leur autorité. Une autorité qui servirait amplement pour sauvegarder leur puissance.

A présent le ANDA est devenu la panacée des détenteurs des stylos. Comme si dans l’histoire de l’humanité la tradition se voyait contraint de sévir les aléas de la modernité. Bientôt il verra bien sa place dans les mains des  inconditionnels et des affranchis. Chose qui ne manquera pas de mettre notre tradition aux oubliettes. Une complicité hallucinante, très cartésienne, leur a servi  tant bien que mal, à extraire cette vieille tradition de ses spécificités, à commencer par censurer ses particules avec des mesures de restrictions, qui enclenchent une hypocrisie sans merci envers les appelés à s’en débarrasser comme un lourd fardeau.

 C’est là où se joue la banalisation.

·        Hypocrisie totale ; je prends l’exemple d’une ville dans la région Mbadjini comme Foumbouni.  Car on les surnomme les voyageurs du T.G.V. (Train à Grande Vitesse). C’est un ANDA qui se fait en une semaine.

·        Hypocrisie foumbounienne car on les surnomme les voyageurs du IBOURAK. Cette appellation m’échappe de son sens littéraire mais d’après les commentateurs ça signifie quelque chose de méga vitesse comme l’avion concorde. C’est un ANDA qui se fait en quatre jours maximums.

·        Hypocrisie foumbounienne car tous les coups sont permis moyennant d’une petite rente pour ceux qui veulent le faire en dehors de foumbouni.

Et oui !!!!!  Et oui !!!!! C’est le bruit champêtre ! Tout est possible. Mais une question pertinente me lasse impitoyablement.

« Peut-on prévoir une avancée vers la modernité sans pour autant concevoir un axe historique en l’opulence ses valeurs morales, traditionnelles ? »

Amputer une virgule d’un récit historique peut toutefois porter préjudice à sa juste valeur d’appréciation

Que des gens peu sensés défendre ce patrimoine synonyme de notre relation  historique, je n’en disconviens pas également que cette mise en garde soit plus fanatique possible, mais à en mourir prématurément sans laisser de repère à nos prochains, est une action stérilisante, laquelle les conséquences dans l’avenir décapiteront la force vive, vis à vis du regard de chacun de nous.

Si l’école Républicaine est un ascenseur social pour la réussite, le ANDA pour les Comoriens est un repère historique, traditionnel sans lequel nos mœurs n’auront pas leur plénitude dans la société comorienne.

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(Mieux vaut épargner l’auteur de tout jugement et laissez-vous tenter à son œuvre).